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Revue de Presse: Plymouth : la Pompéi des Caraïbes
Posté le 08 septembre 2002 à 18:49:54 CEST par Phil

La Caraïbe Le Monde • Article paru dans l'édition du 30.08.02
Plymouth, la Pompéi des Caraïbes

En éruption depuis 1995, le volcan a tué 19 personnes et enseveli la capitale. L'île vivote sans savoir quand il s'endormira.

Une odeur de soufre plane sur la ville ensevelie. Des toits de tôle rongés et des squelettes d'arbres émergent de la boue pétrifiée mêlant cendre, pierre ponce et rochers.

On prend pied directement sur les balcons des magasins. Une banque, un commissariat de police, un entrepôt sont ouverts à tous les vents. Une petite maison est emplie de rocs qui semblent bien trop gros pour être passés par les ouvertures. Çà et là, des tranchées de plusieurs mètres creusées par la pluie montrent la force de cette marée invincible. Un campanile embourbé, rendu célèbre par les cartes postales, donne la mesure du phénomène.

"Le niveau monte, constate Peter Dunkley, directeur du Montserrat Volcano Observatory (MVO). Et il continuera à monter encore plusieurs années." Plymouth, capitale jadis pimpante de l'île de Montserrat, territoire d'outre-mer britannique située à 80 kilomètres au nord-ouest de la Guadeloupe, est aujourd'hui figée au pied du volcan de Soufrière Hills. Et à chaque averse, le centre-ville voit déferler de nouveaux débris amoncelés depuis 1995 sur les pentes du volcan, qui n'en finit pas de croître, de s'effondrer en énormes avalanches brûlantes pour grossir à nouveau.

Parfois illuminé par ses vomissures incandescentes, le dôme est pour l'heure calme, il n'a jamais été aussi vaste, repu de magma, masquant son sommet sous une chape de nuages sombres. Sur les coteaux alentours, de belles villas surplombent le site, apparemment intactes. Mais elles sont inhabitées, toitures minées par la pluie acide, régulièrement recouvertes de cette fine cendre qui s'infiltre au cœur des poumons. Dans la Day Time Entry Zone (zone d'accès diurne), certains propriétaires n'y ont jamais habité mais continuent à payer des traites et viennent inlassablement "faire la poussière" et entretenir l'espoir d'un retour prochain. "Réhabiliter cette zone coûterait des dizaines de millions de dollars, estime Peter Dunkley. Mais l'activité volcanique pourrait reprendre deux ou trois ans après."

"Papa Delta" signale sa position par radio au MVO. La procédure est habituelle, tout comme le réflexe, "au cas où", de garer le 4 - 4 en direction de la sortie de l'"exclusion zone". Ce no man's land s'est peu à peu agrandi pour couvrir désormais presque les deux tiers sud de l'île, à mesure qu'on prenait conscience des appétits du volcan. Le 25 juin 1997, il a pris dix-neuf vies humaines, victimes des nuées ardentes qui ont dévalé ses pentes, se sont infiltrées dans des vallées pourtant interdites d'accès. Le terrain de golf, qui serpentait dans la verdure et attirait nombre de touristes, n'est plus qu'un champ de cailloux et de poussière grisâtre qui se mue en torrent infranchissable lorsqu'il pleut.

Peter Dunkley montre aussi du doigt l'hôpital, construit à grands frais après le passage du cyclone Hugo qui, le 17 septembre 1989, avait emporté la presque totalité des toitures de l'île. Le bâtiment n'a jamais servi car il a fallu évacuer la zone alors que l'île se relevait à peine de l'ouragan.

"RIEN DE NEUF LÀ-DEDANS"

Certains avaient pourtant prévenu qu'un autre danger menaçait Plymouth. "Le volcanologue Jeff Wadge avait rédigé, en 1986, un rapport prémonitoire, disant que Plymouth serait en danger en cas de reprise de l'activité de Soufrière Hills. On l'a complètement ignoré", regrette Peter Dunkley. Point n'était besoin pourtant d'être un brillant géologue pour s'en douter, estime-t-il, montrant une tranchée où apparaît la trace d'une coulée pyroclastique ancienne. "Rien de neuf là-dedans", lâche-t-il.

A l'aide de posters affichés dans les locaux du MVO, à l'abri au nord de l'île, le géologue du British Geological Survey explique l'histoire géologique de l'île et de ses volcans – le MVO propose même une excursion sur ce thème aux rares touristes de passage. Montserrat, comme bien des îles de l'arc des petites Antilles – Guadeloupe et Martinique comprises – résulte de l'affrontement de la plaque atlantique et de la plaque caraïbe, la première passant sous la seconde. Ce phénomène de subduction s'accompagne de remontées magmatiques qui ont donné naissance à ces îles. Montserrat est le produit de trois volcans, tous de type explosif, comme le mont Unzen au Japon ou l'Etna italien : le plus ancien (2,5 millions d'années) au nord est séparé de la Soufrière, au sud, par les Center Hills. Seule la Soufrière est encore active.

Des mesures ont montré qu'elle est déjà probablement entrée en éruption entre 1493, date de la "découverte" de l'île par Christophe Colomb et 1632 lorsque les premiers Européens – des Britanniques – s'y sont installés. Mais depuis, hormis quelques tremblements de terre et des fumerolles en 1935, le volcan était resté coi. "Tous les trente ans environ, on a assisté à de petits tremblements de terre qui devaient être des éruptions avortées", indique Peter Dunkley. En 1992, de nouveaux séismes ont été enregistrés, de plus en plus proches de la surface. Le 18 juillet 1995, sont apparus les premiers panaches de vapeur blanche, constituée d'eau puis des éjections de poudre noire de roche pulvérisée.

NOUVELLE ÉVACUATION

Le 21 juillet, à 8 h 30, Plymouth s'est soudain retrouvée recouverte par un manteau de cendre qui l'a plongée dans l'obscurité pendant quinze minutes. La panique fut immense et la première évacuation décidée peu après. Depuis lors, le volcan n'a cessé d'alterner les périodes de croissance – parfois de 90 mètres en une nuit – et d'effondrement, ceux-ci étant accompagnés de coulées pyroclastiques faites de roches incandescentes déferlant à plusieurs centaines de kilomètres-heure sur ses pentes et capables de courir en nuées ardentes plusieurs kilomètres au large. Les nuages de poussière recrachés dans l'atmosphère ont été jusqu'à perturber la circulation aérienne à Porto Rico. Le réseau de capteurs – sismographes, stations GPS, théodolites, mesure des gaz – sonde en permanence l'évolution du volcan.

Mais si la montagne semble parfois se calmer, offrant une lueur d'espoir aux habitants de Montserrat, elle reprend de plus belle ses éructations. A certaines périodes, les scientifiques du MVO sont réveillés par l'alarme quatre à cinq fois par nuit. De quoi en perdre totalement le sommeil, confesse Peter Dunkley, qui ne se souvient pas avoir jamais été soumis à un tel stress. Il est très difficile de prédire le comportement futur du volcan. L'étude du catalogue des "Volcans du monde" de la Smithsonian Institution, qui compte 136 volcans depuis 1800, montre que dans 80 % des cas, l'éruption a duré cinq années ou moins. Mais l'étude statistique des éruptions de plus de quatre-vingts mois, comme à Montserrat, montre qu'il y a une chance sur deux pour que l'éruption actuelle se prolonge encore treize ans et une sur dix qu'il faille attendre un siècle et plus pour en voir la fin. Parallèlement, des prélèvements sous-marins effectués en mars par le vaisseau français Atalante au large de l'île montrent que la dernière éruption majeure remonte à quatre mille ans. En moyenne, l'activité volcanique durait de vingt à soixante ans.

Les îliens doivent donc se faire à l'idée que le siège pourra être long... Pour l'heure, Peter Dunkley redoute les incartades du dôme. Il y a quelques semaines, il "poussait" encore vers l'est, menaçant l'aéroport, évacué en 1997. Mais il a subitement changé de direction, enflant sur sa face nord. Qu'il se tourne un peu plus à l'ouest et il faudra probablement envisager une nouvelle évacuation de zones résidentielles. Peter Dunkley craint les grosses pluies qui ont souvent précédé les effondrements majeurs, comme en 1902, lorsque la montagne Pelée tua près de 30 000 personnes à Saint-Pierre, en Martinique. L'été est précisément la saison des pluies...

Hervé Morin

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Le mystérieux casse de la Barclays Bank

Le scénario est digne des meilleurs thrillers. Alors que la ville est sous la menace d'un volcan furieux, une équipe de monte-en-l'air profite de la panique pour faire le casse du siècle. En 1998, la Eastern Caribbean Central Bank (ECCB) constate que des billets de banque non répertoriés circulent dans les Antilles britanniques. Le lien est rapidement fait avec la Barclays Bank de Plymouth où étaient stockés les billets en question au moment de l'évacuation de la ville. L'enquête montre que 900 800 dollars est-caribbéens (près de 350 000 euros) ont été volés dans le coffre pourtant protégé par 50 centimètres de béton armé. Huit personnes, dont un ancien employé de la banque, sont arrêtées.

A Montserrat, le vol laisse un souvenir amer. Nombre d'habitants se sont retrouvés avec, en main, de l'argent sans valeur, parfois délivré par leur propre banque. Les peines prononcées seront légères. La police locale a, elle aussi, été impliquée. Une question subsiste : comment les autorités ont-elles pu laisser une telle somme sans protection dans la ville désertée ?

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Une histoire marquée par les catastrophes

1493 : le 11 novembre, Christophe Colomb "découvre" l'île, qu'il baptise Santa Maria de Montserrate, mais ne s'y attarde pas. Arawaks et Caribs sont alors les seuls habitants d'Alliouagana, le "pays de l'aloès", qui avait auparavant été occupé par les Taïnos.

1630 : début de la colonisation britannique. En 1679, l'île compte 2 682 Blancs et 992 Noirs. En 1729, il n'y a plus que 1 050 Blancs pour 1 908 habitants. L'esclavage est mis au service de la culture du sucre, du tabac et de l'indigo.

1667 : ouragan.

1672 : tremblement de terre.

1737-1792 : six ouragans.

1834 : libération des esclaves, totalement émancipés en 1838.

1843 : tremblement de terre.

1866 : Montserrat devient une colonie de la Couronne britannique.

1896, 1897, 1898 : inondations. La culture du coton va succéder à celle du sucre.

1899, 1924, 1928 : ouragans.

1935 : tremblement de terre et activité volcanique.

1961 : élection du premier Chief Minister, chef du gouvernement, conformément à la Constitution de 1959.

1974 : tremblement de terre.

1981 : inondations.

1989 : le 17 septembre, le cyclone Hugo ravage l'île.

1992 : premières manifestations sismiques témoignant d'un réveil du volcan.

1995 : le 18 juillet, le cratère nord-ouest relâche de la vapeur et des cendres. Le 21 août, Plymouth est plongée dans l'obscurité par un dense nuage de poussière, ce qui conduit à la première évacuation du sud de Montserrat. Novembre : confirmation de la croissance du dôme. Nouvelle évacuation. Les habitants ne reviennent que début 1996.

1996 : premières coulées pyroclastiques en mars et avril. Troisième évacuation. Alternance de croissance et d'effondrements du dôme.

1997 : le 25 juin, des coulées pyroclastiques dévastent plusieurs villages et touchent l'aéroport. Des nuées ardentes envahissent une vallée jusqu'alors épargnée et font dix-neuf morts. En août, les coulées atteignent Plymouth. Depuis lors, l'activité volcanique n'a pas cessé, alternant accroissement du dôme, effondrements et coulées pyroclastiques.

Sources : MVO et Howard A. Fergus, History of a Caribbean Colony, MacMillan, 1994, 304 p., épuisé.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 30.08.02

 
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