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Un conte à rebours d'outre-mer (salon du livre)
Posté le 11 novembre 2003 à 00:37:54 CET par Phil

Créole kapryss a écrit : "Samedi 18 et dimanche 19 octobre 2003 a eu lieu le dixième salon du livre de l’outre-mer, au ministère de l’outre-mer, sous le thème Enfances et jeunesses d’outre-mer.

J’ai boudé les conférences dont les titres à eux seuls n’ont su retenir mon attention, comme si pour moi il s’agissait là de babillage sans saveur pour le plaisir de la parole.

Que ceux qui ont apprécié veuillent bien excuser mon jugement hâtif, mais hélas bien réel.

Accompagnée de ma nièce Lindsay, âgée d’à peine dix ans, je me suis régalée, je vous assure c’est bien le terme, de contes de la Caraïbe (Franck Compper et Igo DRané), de l’Océan Indien (Jean-Bernard Ifanohiza) et du Pacifique (Odette Frogier).

Yééé criiik, yééé craaak !
La bouche ouverte, les yeux arrondis de plaisir, j’étais l’enfant libre qui écoutait couler dans son cœur les ziswar de Ti-Jan, de conpè lapin et de bien d’autres personnages vivants de la mémoire orale collective de l’outre-mer.

Yé misticrik, yé misticrak !
Entendons bien que j’écoutais avec un cœur d’enfant, moi l’adulte responsable et sérieuse. J’ai vu des parents écouter, mais avec cette concentration empruntée d’adultes qui s’autorisent une petite pause condescendante d’un retour à l’enfance ou encore de grand moun soucieux de présenter à la face du monde un personnage branché à l’uniformisation de l’être « cool », c’est-à-dire d’un esprit éternellement jeune. Kriké, kraké ! Mésié zédam vous aurez compris que pour les besoins du conte, j’ai pris la liberté d’exagérer le profil des acteurs pour leur donner le mysticisme nécessaire à en faire des légendes. Yé crik, yé crak ! Je disais, pour reprendre le fil de mes souvenirs, que j’ai été transportée dans des lieux magiques, suivi les pas des conteurs, rencontré les personnages imaginaires et vécu des instants excitants, tristes, rebondissants, qui se terminaient toujours dans des éclats de rires, des sourires émerveillés. La pli bel anba labay, une jeune compatriote adulte était aussi enchantée que moi et j’ai senti à quel point nos pays battaient fort dan nos cœurs, au point de se raccrocher dans notre exil à tout ce qui pouvait nous y relier.

Voilà l’essentiel de ce que j’ai retenu de ces journées.

Mesié zédame, voilà quelques jours qu’a eu lieu cet événement. Je prends le temps de vous le raconter avec un retard certain, car un autre modèle de conte, du genre plutôt cynique, m’y a ramené. J’ai demandé la voix aux répondeurs alors même que chaque mot martelait mon cœur d’une force cyclonique indomptable. La misère de l’esprit humain nous est livré sans fard, terbolisant mon esprit au point de n’avoir d’autre alternative que d’accompagner le conteur jusqu’au bout de sa racontation. Lui-même s’est dit « conteur qui coud des mensonges pour faire une robe de vérité ».

Zot konprann sé jé ! Est-ce que la cour dort ?
Si zot paka domi, pran tan kouté ti istwè-tala. Dan la vi ni démoman tro dificil pou pèd tan gaspiyé lanmou, sel ti soley ka anbeli ti la viw, sel zétwal ka briyé baw… An ka wè trop Nika et Albè ka mété tout énègi-yo adan an sèl konba tout la vi-yo.
Mwen ka invité zot li
"Le Tango de la haine", d’Ernest Pépin, ne serait-ce que pou pran fos aliénation-nou.

Kapryss"

 
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