Syrie : Les Etats-Unis et leurs alliés lancent les premiers raids aériens contre l'EI

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Syrie : Les Etats-Unis EI

L'armée américaine, avec les alliés arabes, a lancé les premières frappes aériennes contre des cibles de l'Etat islamique en Syrie lundi soir, la guerre ordonnée par le président Obama contre l'organisation militante a pris une nouvelle phase d'urgence.

Washington - L'armée américaine et des partenaires ont mené pour la première fois des raids contre des positions du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, a annoncé le Pentagone lundi dans un communiqué. 

Je peux confirmer que l'armée américaine et des forces de nations partenaires mènent une action militaire contre les terroristes de l'EIIL (Etat islamique) en Syrie au moyen d'avions de chasse, de bombardiers et de missiles Tomahawk, indique le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, dans un communiqué.

Il ne précise pas où les frappes ont eu lieu mais, selon le New York Times, Raqa, qui est de facto le centre du pouvoir de l'EI, a été visé de même que la frontière, très poreuse, entre la Syrie et l'Irak.

Le communiqué ne dit rien non plus des partenaires qui y sont évoqués mais toujours selon le New York Times plusieurs pays arabes alliés y ont participé. 

Le président américain Barack Obama avait prévenu le 10 septembre, dans un discours solennel, qu'il se réservait le droit de frapper l'Etat islamique y compris dans son sanctuaire syrien.

La décision de lancer ces frappes a été prise plus tôt dans la journée par le commandant de la région militaire centre (CENTCOM, chargé des opérations dans cette région ndlr) en vertu de l'autorisation qui lui a été donnée par le commandant en chef (le président Barack Obama ndlr), souligne le communiqué du porte-parole du Pentagone.

L'EI (Etat islamique) fait l'objet de bombardements quotidiens par l'armée américaine en Irak depuis le 8 août. Le président Obama avait autorisé ces frappes pour venir en aide à l'armée irakienne et aux forces kurdes mises en déroute par l'EI, mieux armé et plus discipliné. Grâce à ces frappes, les forces irakiennes et kurdes ont pu reprendre pied et reconquérir plusieurs endroits stratégiques.

"Dans la mesure où ces opérations se poursuivent, nous ne pouvons fournir davantage d'informations à ce stade", a-t-il ajouté.

En Irak, les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont pris d'assaut une base de l'armée irakienne, à l'ouest de Bagdad, où ils ont tué 40 soldats et en ont capturé 70 autres, a rapporté lundi un officier irakien. Cette attaque, menée notamment par six kamikazes, s'est produite dimanche à Saqlawiyah.

Base isolée par l'EI

Quatre d'entre eux ont fait exploser des véhicules blindés sur la base et deux autres ont fait détonner des ceintures explosives, a-t-il précisé.

"Quarante soldats et officiers ont été tués et le contact a été perdu avec entre 70 et 80" militaires, qui ont fui la base et ont été ensuite capturés par les jihadistes de l'EI, a déclaré un général irakien. L'EI avait fait exploser un pont à Al-Sijr près de la base cinq jours auparavant, ce qui l'avait isolée, selon lui.


Les jihadistes avaient aussi posé des bombes sur les routes menant à la base, rendant encore plus difficile l'envoi de renforts et laissant ainsi les soldats de l'intérieur de la base totalement isolés.


Le premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a ordonné que les "commandants de brigade négligents" impliqués dans les événements de Saqlawiyah et Al-Sijr soient arrêtés et soumis à interrogatoire, selon son bureau.