A Paris : affrontements entre la police et propalestiniens pas comme à Londres

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Paris affrontements entre police et propalestiniens

Paris - Les policiers antiémeute et des propalestiniens s'affrontaient samedi à coups de pierres et de gaz lacrymogènes dans les rues de Paris après une tentative de manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza interdite par les autorités françaises.

 

Des manifestants ont ainsi jeté pierres et bouteilles sur les forces de l'ordre dans un quartier du nord de Paris, selon des journalistes de l'AFP. Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, provoquant des mouvements de foule disparates dans les petites rues de ce quartier populaire.

Les manifestants avaient commencé à affluer par centaines avant 15H00 (13H00 GMT) pour exprimer leur soutien aux Palestiniens de Gaza. Nous sommes tous des Palestiniens ou Palestine vivra, Palestine vaincra, ont-ils scandé, sous l'oeil des policiers antiémeute.

Des dizaines de cars de police étaient stationnés et plusieurs avenues de cette zone populaire de la capitale ont été coupées à la circulation.

Des rassemblements sont également organisés dans la plupart des grandes villes françaises, comme Lille (nord), Lyon (centre-est) et Marseille (sud). Mais fait rarissime, les autorités avaient interdit la manifestation à Paris, une décision inédite en Europe.

Les autorités françaises craignaient des troubles à l'ordre public après les débordements de la manifestation propalestinienne du 13 juillet. Des incidents avaient alors opposé certains manifestants propalestiniens à des membres de la communauté juive devant une synagogue, faisant huit blessés, majoritairement des policiers.

La solidarité avec les Palestiniens doit pouvoir s'exprimer à Paris, avait expliqué dans la matinée à l'AFP Sandra Demarcq, membre de la direction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), seul parti politique à maintenir son appel au rassemblement, après une interdiction qu'elle juge illégitime et scandaleuse.

La justice française a rappelé que le fait d'organiser un rassemblement interdit est passible d'une peine de six mois de prison et de 7.500 euros d'amende.

Dans un communiqué, l'ambassade des Etats-Unis à Paris avait mis en garde ses ressortissants contre les risques d'affrontements et de violence au cours de manifestations propalestiniennes organisées en France, notamment à Paris.

Nous recommandons aux citoyens américains d'éviter ces manifestations et d'être prudents à proximité de toute manifestation, a indiqué l'ambassade des Etats-Unis à Paris dans un communiqué.

A Strasbourg (est), au moins 1.300 personnes, encadrées par un important dispositif policier, défilaient dans l'après-midi pour réclamer la fin des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, a constaté l'AFP.

Une heure après le début du rassemblement, la police comptabilisait 1.300 personnes, selon une première estimation, précisant que tout se déroulait dans le calme.

Le président François Hollande a prévenu, depuis le Tchad où il se trouve en voyage, que ceux qui veulent à tout prix manifester en prendront la responsabilité. J'ai demandé au ministre de l'Intérieur que ces manifestations ne puissent pas se tenir, a déclaré M. Hollande.

Le chef de l'Etat est accusé par sa gauche (écologistes, communistes et gauche radicale) de mener une politique trop pro-israélienne. Il a notamment essuyé des critiques après avoir exprimé la solidarité de la France à Israël en plein bombardement de Gaza, une prise de position que certains partis et organisations propalestiniennes ont qualifié de carte blanche donné au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dans un second temps, le président français avait rééquilibré sa position appelant Israël à la retenue et demandant un cessez-le-feu. 

Londres : des milliers de manifestants pour l'arrêt des bombardements à Gaza

Londres - Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres pour appeler à l'arrêt des bombardements et à la levée du blocus sur Gaza, ont annoncé Palestine Solidarity Campaign et Stop the War, deux des sept associations organisatrices.

La manifestation organisée à l'appel de sept associations parmi lesquelles Stop the War, Palestine Solidarity Campaign ou Islamic Forum of Europe, a débuté à 12H00 (11H00 GMT), sous un ciel gris et humide, devant les grilles du 10 Downing Street, cabinet et résidence du Premier ministre.

Le cortège s'est ensuite mis en route pour se rendre jusqu'aux abords de l'ambassade d'Israël, située dans le quartier de Kensington, dans l'ouest de la capitale.

La manifestation s'est terminée sous le soleil, sans heurts ni arrestations, a précisé à l'AFP la police qui s'est refusée à donner un décompte officiel.

Palestine Solidarity Campaign a annoncé sur son compte Twitter que deux nouvelles manifestations étaient prévues mardi à 17H30 (16H30 GMT) devant l'ambassade d'Israël à Londres et samedi à Whitehall, le quartier londonien des ministères. 

L'organisation a précisé sur son compte Facebook que des dizaines de milliers de personnes manifestaient à Londres pour la paix, la justice et une Palestine libre. Stop the War a également évalué à des dizaines de milliers le nombre des manifestants, selon son compte Twitter officiel.

Selon l'un des organisateurs, dix personnes se sont évanouies dans la foule.

Les manifestants brandissaient une multitude de pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire Arrêtez les attaques israéliennes sur Gaza, Libérez la Palestine, Gaza, arrêtez le massacre. De nombreux drapeaux palestiniens rouge, blanc, vert et noir flottaient dans la foule.

Les manifestants scandaient Libérez, libérez la Palestine, David Cameron, honte à toi, Gaza, Gaza, ne pleure pas, nous ne te laisserons pas tomber.

La manifestation nationale d'aujourd'hui va donner l'opportunité aux Britanniques de l'ensemble du pays de dire que ça suffit, le siège de Gaza par Israël et son occupation de la terre palestinienne doivent cesser maintenant, a déclaré l'une des organisatrices, Sarah Colborne, directrice de Palestine Solidarity Campaign.

Des orateurs, parmi lesquels la députée travailliste Diane Abbott qui a salué sur sa page Twitter la plus importante manifestation palestinienne depuis des années, se sont succédé à la tribune et plusieurs ont dénoncé l'interdiction par le gouvernement français de la manifestation parisienne: Honte au gouvernement français qui a interdit une manifestation, a dit au micro l'un d'entre eux, donnant lieu aux huées de la foule.

Sur les réseaux sociaux, nombre d'internautes se sont émus de l'absence de couverture en direct de la manifestation sur les chaînes d'information en continu Sky News et BBC World.

Si c'était une marche de la English Defense League (mouvement d'extrême-droite: NDLR), BBC aurait couvert en direct la manifestation, a ainsi écrit Raf (@raf2340) sur Twitter.

Le Premier ministre David Cameron a indiqué s'être entretenu avec le président Barack Obama de la situation à Gaza.

Les deux chefs d'Etat ont réitéré leur soutien au droit d'Israël de prendre des mesures proportionnées pour se défendre des tirs de roquettes en provenance de Gaza, a rapporté une porte-parole de Downing Street.

Les affrontements entre Israël et le Hamas se poursuivaient samedi au douzième jour de l'offensive israélienne sur Gaza qui a causé la mort de 342 Palestiniens et a blessé environ 2.400 personnes, selon les services de secours, tandis que la communauté internationale s'efforçait d'arracher un cessez-le-feu.