L'attaque terrestre d'Israël contre Gaza vouée à l'échec selon le Hamas

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Attaque terrestre d'Israël

Doha - L'offensive terrestre lancée dans la nuit de jeudi à vendredi dans la bande de Gaza par l'armée israélienne est vouée à l'échec, a déclaré à l'AFP le chef en exil du mouvement islamiste palestinien Hamas, Khaled Mechaal.

L'offensive terrestre israëlienne vouée à l'échec


Ce que l'occupant israélien n'a pas réussi à réaliser par ses raids aériens et maritimes, il ne le réalisera pas par son offensive terrestre qui est vouée à l'échec, a dit M. Mechaal, basé à Doha.

Nous avons des revendications claires: mettre fin à l'agression et aux punitions collectives contre notre peuple dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ainsi que la fin totale du siège de Gaza, a-t-il dit.

Le chef du Hamas a estimé encore que l'origine du problème est l'occupation israélienne et la construction de colonies, soulignant que le peuple palestinien était déterminé à s'en débarrasser tôt ou tard.

Il a appelé par ailleurs la communauté internationale à assumer ses responsabilités pour mettre fin au terrorisme israélien et pour permettre à notre peuple de se débarrasser de la dernière occupation mondiale.

Le début de l'attaque terrestre israélienne contre Gaza est une étape dangereuse, dont les conséquences sont incalculables, avait déclaré plus tôt le porte-parole du Hamas à Gaza, Fawzi Barhoum, dans un communiqué. Israël va payer un prix élevé (...) Le Hamas est prêt à la confrontation, avait-il ajouté.

Opération militaire terrestre d'Israël contre Gaza

Israël a lancé jeudi soir une opération terrestre dans la bande de Gaza, dix jours après le début des hostilités avec le Hamas. Auparavant, les violences avaient repris, à l'expiration d'une trêve humanitaire de cinq heures. Des raids israéliens ont notamment tué quatre enfants palestiniens.


"Après dix jours d'attaques aériennes, maritimes et terrestres du Hamas et des refus répétés de calmer la situation, l'armée a lancé une opération terrestre dans la bande de Gaza", a indiqué en soirée un communiqué militaire. Quelques heures plus tard, deux Palestiniens, dont un bébé de cinq mois, mouraient sous les tirs de chars israéliens, selon les services d'urgence locaux.


Pour l'heure, au moins cinq Palestiniens ont été tués par des tirs de chars depuis le début de l'opération terrestre, portant à au moins 246 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'opération israélienne "Bordure protectrice" à Gaza le 8 juillet. Plus de 1770 personnes, en majorité des civils, ont été blessées depuis le début des hostilités, selon les services d'urgence locaux.


60'000 réservistes
L'armée israélienne bombardait très intensivement la bande de Gaza par air, mer et par des tirs de chars massés à la frontière. La télévision israélienne diffusait simultanément des images d'immeubles en feu et de boules de feu dans le ciel de Gaza.


Cette opération militaire inclura "des activités d'infanterie, d'artillerie et de renseignements, appuyées par l'aviation et la marine", a précisé à l'AFP le major Aryié Shalikar, un porte-parole de l'armée.


Peu après le déclenchement de l'offensive, le gouvernement israélien a approuvé la demande de l'armée de mobiliser 18'000 réservistes supplémentaires. Le nombre de réservistes pouvant être appelés atteint ainsi 60'000.


"Boucliers humains"
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré le déclenchement de l'assaut terrestre et demandé à Israël d'agir "bien davantage pour faire cesser les pertes civiles". La France a elle appelé Israël "à exercer la plus grande retenue".


Avant le coup d'envoi de l'opération, un haut responsable israélien avait annoncé qu'un accord de cessez-le-feu entrerait en vigueur vendredi matin. Mais le Hamas avait démenti. L'organisation a promis que l'offensive israélienne aurait des "conséquences terribles".


Environ 240 personnes ont été tuées en dix jours, en majorité des civils. Israël, qui dit cibler le Hamas, accuse ces combattants islamistes d'utiliser des "boucliers humains" dans cette enclave où s'entassent dans la misère 1,8 million de personnes soumises au blocus israélien.