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Raphaël Confiant répond à ses accusateurs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
08-12-2006

L'écrivain martiniquais Raphaël Confiant exerce son droit de réponse à la campagne de discrédit menée à son égard par le journal Le Monde.

Comme l'a souligné Raphaël Confiant dans sa tribune de France-Antilles du 07/12, c'est à la suite du détournement de son courrier électronique adressé à un cercle privé, que le Journal Le Monde s'est crû autorisé à accuser l'écrivain martiniquais de racisme et d'antisémitisme. En effet, citant la faute de Patrice Louis, seule la violation grave de la déontologie journalistique pouvait amener le Monde à mener une telle campagne, puisque ledit courrier n'a été publié nulle part. Il s'agirait donc bien d'une atteinte inqualifiable à la vie privée de l'écrivain.

L'écrivain martiniquais répond, obligeant le Monde à publier sa défense dans son édition du 9/12, dans un article intitulé Les Noirs, du malaise à la colère où il dénonce la campagne dont il est victime.

L'auteur va plus loin en taxant la notion de crime contre l'humanité d'escroquerie intellectuelle et de notion fallacieuse. Au regard de la récente non-condamnation de Max Gallo pour ses propos négationnistes, poursuivi par le Comité Marche 98 - qui plus est, cette association de défense a dû indemniser l'intellectuel français de 1500 euros -, il est bien évident qu'en l'absence d'une juridiction adéquate pouvant punir les auteurs, contestataires ou les négationnistes de ces crimes, cette notion de crime contre l'humanité reste complètement fallacieuse. Inventée de toute pièces pour juger les Nazis à Nuremberg, puis reprise pour quelques tyrans comparaissant au Tribunal Pénal International, on veut faire croire que cette notion pourrait être utile aujourd'hui où manifestement, deux poids deux mesures sont appliqués chaque fois que de tels crimes sont constatés ici et là dans le monde.

Evoquant l'aspect martinico-martiniquais de ce débat, Raphaël Confiant rappelle qu'il n'a pas soutenu l'idée d'empêcher l'atterissage de Jean-Marie Le Pen en Martinique, ni les réactions du MODEMAS à la "ratonnade" de Dieudonné sur notre sol.
Ses arguments sont parfaitement compréhensibles. Cependant, on ne peut pas se contenter simplement de lettre ouverte à Untel ou de déclarations dans les journaux français pour faire de la résistance aux procès et aux manipulations que Raphaël Confiant lui-même dénonce.
Le refus organisé d'atterissage de Jean-Marie Le Pen, ou la manifestation dans la rue contre la loi de la honte et la venue de Sarkozy sont des actes concrets promus par les nationalistes martiniquais qui s'ils ne sont pas sortis de Sciences Po ou de la rue d'Ulm, s'ils n'ont pas la science du verbe de Césaire, ont bel et bien été gardés à vue et passés à tabac par les policiers français à cause de leurs actes, comme Guy Cabort-Masson et Alex Ferdinand pour ne citer qu'eux, lors de la répression de Chalvet en 1974 ou Edouard Glissant, autre écrivain, qui s'est fait expulser manu militari après les émeutes de 1959.
Raphaël Confiant est donc bien sûr libre de choisir la voie des lettres et de s'en satisfaire, mais ce genre de discours ou d'écrits performatifs demeurent de peu de poids face à l'héritage des luttes des nationalistes dans toute l'histoire de la Martinique.

Enfin citer Aimé Césaire et son fameux génocide par substitution est là aussi une autre escroquerie intellectuelle plaisante, car rappellons le, qui d'autre qu'Aimé Césaire, en tant que leader politique, est responsable du projet d'assimilation de la Martinique dans le cadre français et donc de ses conséquences ? C'est d'ailleurs le même Patrice Louis - quelle coïncidence - qui a fait publié le coffret DVD destiné aux générations substituées Entretien avec Aimé Césaire, assorti de son discours brillant sur l'autodétermination des DOM, mais si dérisoire, prononcé peu après les morts de la Guadeloupe de Mai 1967.
Massacre colonial que Raphaël Confiant a bien entendu "oublié" de citer dans son article, mais il est vrai que quelques dizaines de guadeloupéens ou de martiniquais en moins, ce n'est plus aussi vendeur qu'un bon vieux "crime contre l'humanité".

Précision du journaliste Patrice Louis, correspondant du Monde : 

Veuillez trouver ici pour information la précision que j'ai adressée à France-Antilles et qui a été publiée le 8 décembre :

Chacun est libre de dire ce qu'il veut mais les faits sont sacrés., Le jeudi 2 décembre,  le journal dont j'ai l'honneur d'être le correspondant en Martinique m'a demandé un article sur les dernières prises de position de Raphaël Confiant., Je m'y suis attelé. Dans un souci strictement professionnel,  auquel j'ajoute la courtoisie,  j'ai téléphoné à Raphaël Confiant le jour même vers 17 heures. Je me suis présenté es-qualité. Il a eu d'ailleurs la gentillesse de dire qu'il me lisait.
Je lui ai fait part de mon projet et lui ai demandé s'il  acceptait de répondre à des questions,  ce qu'il a fait aimablement et ce qui a nourri mon papier. Il n'a jamais mis en avant l'aspect privé de ses écrits. Mieux,  il m'a même indiqué être en liaison avec "Le Monde" pour publication de son texte., Sans craindre d'être démenti,  je conteste donc l'accusation d'avoir violé quelque règle de déontologie que ce soit. Je n'ai fait qu'exercer,  en toute lumière,  mon métier de journaliste.

 
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