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Théâtre : La Tragédie du Roi Christophe traduite en créole (Trajédi Rwa Kristof) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
20-10-2010

La Tragédie du Roi Christophe en créole (Trajédi Rwa Kristof), oeuvre de théâtre d'Aimé Césaire sera disponible à partir du 25 Octobre (Caraïbéditions), traduction de Rodolf Etienne.

Caraïbéditions est très fière de sortir en librairie la première oeuvre d’Aimé Césaire traduite en créole.
Plusieurs livres du « chantre de la négritude » ont fait l’objet de traductions dans le milieu universitaire, mais ces dernières n’ont jamais été publiées.
Pour un tel projet, il nous semblait important de traduire un livre accessible au plus grand nombre et ayant fortement marqué la carrière littéraire d’Aimé Césaire. Il était également important, afin de faire avancer la cause du créole, de choisir parmi toutes les publications de l’auteur, un ouvrage qui traite de la Caraïbe plus que du continent africain qui a beaucoup été traité dans l’oeuvre d’Aimé Césaire.
« La Tragédie du roi Christophe » a ainsi été retenue et il est vite apparu au traducteur que ce projet devenait une évidence tant Aimé Césaire, s’il avait écrit cette pièce en français, l’avait d’abord pensée en créole.
Au fur et à mesure du travail du traducteur, il est apparu ainsi que les paroles des personnages de la pièce retrouvaient la couleur créole qui leur était constamment sous-jacente dans l’original français, donnant, par la même, une seconde vie aux protagonistes de la « Trajédi Rwa Kristof ».
Cet ouvrage en créole vient compléter la collection de Caraïbéditions qui se veut republier des oeuvres d’auteurs antillais célèbres qu’on ne trouve pas ou plus en librairie - et même en bibliothèque, parfois - depuis des années.

Interview de Rodolf Etienne


Tragédie du Roi Christophe en Créole
Rodolf Etienne
Rodolf Etienne : « Pour moi, cela a été une traduction très enrichissante... »


– Traduire Césaire en créole, cela relève du défi. Pourquoi une telle initiative ?
– Traduire Césaire en créole et faire publier l’ouvrage est effectivement un défi. D’autant plus qu’il s’agit là de la première traduction créole de l’une des oeuvres de Césaire. La rumeur a longtemps couru d’un Césaire très loin des réalités créoles. Il s’avère qu’il n’en est rien. Tropiques, par exemple, dès 1941, montre un Césaire très au fait des interrogations créoles. Cette traduction, qui avait d’ailleurs reçu son accord, est là pour prouver que sa littérature est très proche de la langue créole. Le créole habite l’oeuvre de Césaire. Cette traduction a pour premier objectif d’en rendre compte.
– Vous dites que la langue de Césaire est très proche du créole. Pouvez-vous nous expliquer ?
– Ce travail de traduction a donné lieu de ma part à une recherche très poussée de la syntaxe césairienne. Incontestablement, cette syntaxe a maille à partir avec le bagage culturel et langagier qu’Aimé Césaire a côtoyé durant
les premières périodes de sa vie. Césaire vivait sur une habitation et était immergé dans un environnement créole.
Ses parents, instruits par rapport au reste de la population, n’en étaient pas moins créolophones. Ce bagage, on le retrouvera dans l’oeuvre du Chantre, insidieusement. Le créole, dans l’oeuvre générale de Césaire, et certainement de manière plus évidente encore dans La tragédie, est sous-jacent. Il est présent constamment et de nombreuses études le prouvent. Césaire lui-même disait : «j’ai voulu donner au français la couleur du créole». On ne peut être plus explicite.
– La Tragédie du roi Christophe revient sur un évènement politique majeur de la région Caraïbe. Cela a-t-il influencé votre choix pour cet ouvrage en particulier ?
– Certainement. Avec La Tragédie, Césaire nous propose une pièce de théâtre inspirée toujours du théâtre shakespearien,
qui nous plonge en Haïti, après la révolution de 1791, durant le règne de Christophe. Christophe est un despote, un roi fou qui contraint son peuple. Mais au-delà de cette structure, la pièce est un plaidoyer en faveur des droits de l’homme et une mise en garde contre les dérives du pouvoir. On y retrouve tous les traits de la littérature et de la pensée césairienne où histoire, moralité et génie se côtoient. Le peuple haïtien, dans ce cas, n’est plus oppressé par le régime esclavagiste, mais par son propre leader, ancien libérateur. Il y a là, de la part de Césaire, une sacrée leçon : la négritude est un véritable humanisme et non pas seulement un cri de nègre en colère. Il y a une véritable réflexion d’homme face au monde et même au monde noir, n’hésitant pas à manifester ses dérives. Ce texte est d’une extrême lucidité, tant littéraire que philosophique. C’est surtout cela qui a dirigé mon choix.
– On sait que le créole pèche parfois du côté du vocabulaire littéraire. Quelles difficultés avez-vous rencontrées
pour cette traduction ?
– Cette traduction a été pour moi un véritable plaisir intellectuel. Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. Bien au contraire, c’était comme si le texte avait été pensé en créole par l’auteur. Dès lors le travail du traducteur en a été facilité. Et cela a été pour moi une révélation. En dépit de la pertinence du texte français (rendons à Césaire ce qui lui appartient), c’était comme s’il était «habité» par la langue créole. Ce qui, d’ailleurs, contribue à sa dimension magistrale. En fait, j’ai plutôt eu le sentiment d’être un révélateur. Vous savez, en dehors des petites connotations personnelles de style, c’était comme si le texte créole que j’écrivais émanait véritablement du texte césairien. Pour moi, cela a été une traduction très enrichissante, et même au niveau humain, qui m’inspire tous les jours. J’appréhende mieux la notion de négritude, qui je le rappelle, pour Césaire, est un véritable «humanisme nègre», une vision du monde par le prisme des valeurs nègres qui finalement rejoignent les valeurs universelles.

Trajédi Rwa Kristof

Journaliste - auteur Rodolf Etienne a publié « Lézenn » (Editions Le Serpent à Plumes. 2005),
traduction créole de « Les Indes » ; et « Misié Toussaint » (Presses Nationales d’Haïti. 2008), traduction créole de « Monsieur Toussaint », tous deux textes signés d’Edouard Glissant.
Coordinateur Caraïbe de l’Organisation Internationale des Peuples Créoles (IOCP), Rodolf Etienne défend la notion de « Pan-créolité ou identité créole internationale ». Il a participé à plusieurs festivals : Mois Créole de Montréal, Festival Créole de Menton, Festival International Créole de Maurice, Festival International Créole de Rodrigues ainsi que des rencontres créoles en Guadeloupe, Dominique et Martinique.


Contact Caraïbéditions : Florent Charbonnier dont les coordonnées suivent :
Mobile : 0690 12 12 12 ou 07 60 24 48 96
email : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
site : www.caraibeditions.fr

 
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