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L'exécution de Saddam Hussein en Irak Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
31-12-2006

L'exécution de Saddam Hussein est sans effet sur les violences en Irak. Condamné à mort pour crimes contre l'humanité, Saddam Hussein a été pendu samedi à l'aube.

cette vidéo peut offenser les âmes sensibles 

L'exécution de Saddam Hussein sans effet sur les violences

SADDAM HUSSEIN PENDU
30/12/2006 - 18h55

par Mariam Karouny et Alastair Macdonald

BAGDAD (Reuters) - Condamné à mort pour crimes contre l'humanité, Saddam Hussein a été pendu samedi à l'aube, mais son exécution, que le Premier ministre irakien Nouri al Maliki avait souhaité voir accomplie "sans délai", n'a pas mis fin à l'effusion de sang.

La chaîne de télévision publique irakienne a diffusé des images montrant le président déchu, âgé de 69 ans, visiblement calme et soumis, échanger quelques mots avec son bourreau, avant que ce dernier ne lui passe la corde autour du cou, dans une base militaire du nord de Bagdad autrefois utilisée par ses services de renseignement de sinistre réputation.

L'ancien dictateur, renversé il y a quatre ans par l'armée américaine, a refusé la cagoule tout comme la présence d'un représentant religieux. Il a toutefois prononcé la profession de foi musulmane - "Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète" - avant de s'en remettre au bourreau.

"Ça a été très rapide. Il est mort sur le coup", a confié l'un des témoins de la scène, qui s'est déroulée sous les yeux d'une quinzaine de personnes dont plusieurs ministres, des députés, des proches de victimes de son régime et des représentants de la justice.

"Nous avons entendu sa nuque se briser", a indiqué Sami al Maliki, proche conseiller du chef du gouvernement irakien.

Maliki lui-même, que le régime baasiste a contraint à l'exil, ne faisait pas partie de l'assistance. Des images floues montrant le corps enveloppé dans un linceul blanc et présentant une éraflure sanglante sur la joue gauche ont été diffusées par une chaîne financée par sa formation.

70 MORTS A BAGDAD ET KOUFA

Les autorités, a estimé Askari, vont probablement l'inhumer dans un lieu tenu secret, en Irak, passant outre la demande de la fille du dictateur, exilée en Jordanie, qui souhaitait le voir enterré au Yémen.

Son exécution clôt un chapitre de l'histoire irakienne entamé il y a trente ans avec son arrivée au pouvoir, marqué notamment par une guerre au coup humain exorbitant avec l'Iran et l'invasion du Koweït, qui a mué cet allié privilégié de l'Occident en paria, puis en ennemi juré des Etats-Unis.

Si le président George Bush s'est félicité de la disparition d'un homme qu'il jugeait dangereux pour la stabilité mondiale, l'exécution de Saddam Hussein n'a pas mis fin, loin s'en faut, aux carnages dont l'Irak est le théâtre quotidien.

Plus de 70 personnes ont ainsi été tuées samedi dans la capitale et dans la ville chiite de Koufa près de Nadjaf, dans une série d'attentats à la voiture piégée imputés à la guérilla sunnite.

Issu d'une communauté chiite désormais dominante, Maliki, dont l'autorité parfois mise en doute sort renforcée de cet épisode, a toutefois tendu la main à la minorité sunnite.

"L'exécution de Saddam met fin à toutes les spéculations pathétiques sur un retour de la dictature", déclare-t-il dans un communiqué diffusé alors que les chaînes de télévision le montraient signant l'arrêt de mort de l'ancien président.

INDIGNATION À LA MECQUE

Malgré la charge symbolique de l'évènement, les autorités n'ont pas même pris la précaution d'instaurer un couvre-feu à Bagdad. Les mouvements de protestations observés à Tikrit, ville natale de Saddam Hussein, et dans l'Ouest n'ont guère été suivis par des Irakiens plus soucieux de leurs difficultés quotidiennes.

De la même façon, la liesse n'a été que de courte durée dans les localités à majorité chiite et dans le l'immense Sadr City, faubourg populeux de l'est de la capitale.

Le parti Baas a en revanche appelé les Irakiens à "frapper sans pitié" les occupants américains et l'Iran chiite pour venger l'exécution de son chef de file.

"Faire justice à Saddam Hussein ne mettra pas un terme à la violence en Irak, mais c'est une étape importante sur le chemin de la démocratie en Irak, une démocratie qui pourra se gouverner, se soutenir et se défendre par elle-même", s'est félicité George Bush, alors que le corps expéditionnaire américain enregistrait six nouvelles pertes.

Le bilan depuis l'invasion de mars 2003 fait désormais état de 2.998 tués. Décembre a été le mois le plus meurtrier depuis deux ans pour les Américains.

L'Union européenne, les Nations unies et le Vatican, opposés à la peine de mort, ont condamné l'exécution. l'Arabie saoudite, l'un des rares pays arabes à avoir réagi officiellement, a reproché aux dirigeants chiites irakiens d'avoir procédé à l'exécution pendant la fête musulmane de l'Aïd el Adha.

L'évènement et le choix de la date a également soulevé une vague d'indignation dans l'opinion musulmane, notamment parmi les fidèles venus à La Mecque pour le pèlerinage annuel.

La Ligue arabe a estimé qu'il s'agissait d'"une fin tragique pour une phase triste de l'histoire de l'Irak" et un deuil national de trois jours a été décrété en Libye.

De nombreux Kurdes irakiens déplorent par ailleurs que Saddam ne réponde jamais du génocide dont ils l'accusent.

 
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