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Haïti : dernières nouvelles Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2010

Dernières nouvelles des survivants au séisme d'Haïti deux jours après la catastrophe et difficultés d'organisation de l'aide humanitaire internationale.

Haïti séisme dernières nouvelles 

Deux jours après le séisme à Haïti, la communauté internationale se mobilisait jeudi pour venir en aide à la population démunie de Port-au-Prince, où les habitants font avec les moyens du bord pour soigner les blessés et retrouver d'éventuels survivants dans les décombres. Plus de 370 millions de dollars ont pour le moment été débloqués, mais l'acheminement et la distribution de l'aide rencontrent d'énormes problèmes logistiques.

Le président américain Barack Obama a annoncé depuis Washington une aide initiale de 100 millions de dollars (environ 69,1 millions d'euros), évoquant "l'une des plus importantes opérations d'aide de notre histoire récente".

A ces fonds, il faut notamment ajouter 200 millions de dollars supplémentaires répartis également entre la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), et les dons faits individuellement par les pays. Soit environ 370 millions de dollars (255 millions d'euros).

Des avions en provenance de Chine, de France, des Etats-Unis et d'Espagne ont atterri jeudi à l'aéroport de Port-au-Prince, transportant des équipes de sauveteurs ainsi que des tonnes de nourriture, d'eau, de médicaments et de matériel.

Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé que "près de 400 personnels de la Sécurité civile" seraient en Haïti "sous 48 heures", et que deux navires de la Marine allaient faire route vers le pays. Le chef de l'Etat a par ailleurs ajouté qu'il se rendrait en Haïti "dans les semaines qui viennent" et a proposé la tenue d'une grande conférence internationale consacrée à la reconstruction du pays.

A Washington, Barack Obama a détaillé le dispositif militaire mis en place par les Etats-Unis: 900 soldats sont attendus d'ici vendredi, auxquels s'ajouteront 2.200 Marines chargés de sécuriser les zones, d'aider aux recherches et au secours, et de distribuer l'aide humanitaire. Au moins six navires sont par ailleurs attendus, dont le porte-avion nucléaire Carl Vinson, qui devait arriver jeudi, et le navire hôpital USNS Comfort, avec à son bord des centaines de médecins, d'infirmières et de techniciens, 12 salles d'opérations et 1.000 lits.

Mais, sur place, les ONG et autres organisations internationales sont confrontées à d'importantes difficultés logistiques pour faire entrer l'aide dans le pays et la distribuer à la population en détresse. "C'est le chaos", résume Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). "C'est un cauchemar logistique."

Les livraisons par bateau sont en effet impossibles pour le moment en raison de la fermeture du port de Port-au-Prince, endommagé par le séisme de mardi. L'aéroport de la ville est, lui, ouvert, mais encombré par l'afflux d'avions d'assistance. Et, craignant des répliques, les Haïtiens ont fui les bâtiments écroulés et s'amassent sur les routes, ralentissant ainsi le transport terrestre des vivres et de l'aide.

A Port-au-Prince, les habitants tentent de s'organiser dans un spectacle de désolation, sans moyen ni coordination internationale. Ils creusent, souvent à mains nues, les décombres des immeubles effondrés pour tenter de retrouver d'éventuels survivants, tandis que les cadavres s'entassent sur le bord de rues saturées de voitures, de piétons et de camionnettes remplies de policiers et de personnel des Nations unies.

Certains portent leurs morts jusqu'aux collines surplombant la ville pour les enterrer dans des cimetières de fortune. Face à cette situation, l'armée brésilienne a demandé aux autorités locales de creuser un cimetière digne de ce nom, pour éviter l'apparition d'épidémies, alors que la température dépasse les 30 degrés Celsius.

Au moins huit hôpitaux de Port-au-Prince ont été endommagés par la secousse. Les blessés sont pris en charge tant bien que mal par les équipes de Médecins sans frontières (MSF) dans deux établissements ayant résisté, ou par des médecins cubains, présents avant la catastrophe, dans des hôpitaux de campagne.

Dans le chaos ambiant, environ 3.000 policiers internationaux et Casques bleus de la Mission de l'ONU en Haïti (MINUSTAH) déblaient les décombres et tentent de diriger la circulation et d'assurer la sécurité dans la ville, alors même qu'au moins 36 employés de l'ONU (19 de la MINUSTAH, 4 de la police internationale et 13 civils), selon un dernier bilan, ont trouvé la mort dans la secousse. Environ 160 employés onusiens haïtiens et étrangers sont portés disparus, ainsi que 18 policiers et dix militaires.

Une centaine d'employés onusiens sont toujours pris au piège dans les décombres du siège effondré de la MINUSTAH, mais sept ont été retirés vivants jeudi, et un huitième d'un bâtiment voisin, selon le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le porte-parole de la MINUSTAH, David Wimhurst. source : AP).

 
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