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Guadeloupe an nou Sonjé 27 mé 1967 (Histoire) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
27-05-2012

En 2012, les Guadeloupéens commémorent les émeutes des 26 et 27 Mai 1967 à Pointe-à-Pitre par une procession aux flambeaux rendez-vous DELGRES (Dugazon) à 18 h vers Place de la Victoire. Limyè ba yo.

Sonjé 27 mé Guadeloupe

Les 20 Morts de Pointre-à-Pitre

Le bilan de la répression des événements de Mai 1967 en Guadeloupe est de 20 morts Guadeloupéens au minimum.

Regrettant la "fermeture des portes de la discussion", 20 ans après la loi de départementalisation supposée instituer l'égalité entre ciyoyens des Antilles et ceux de la France Métropolitaine, Aimé Césaire discutait du problème politique antillais - le colonialisme - lors d'un meeting le 27 Mars 1968 à Fort-de-France, en réponse à la venue aux Antilles du Général Pierre Billote (ministre outre-mer de Pompidou, gaulliste de gauche), citait dans son discours le Général Foy (1822) à la chambre des députés : "Les Antilles ne sont plus ni les jardins ni les fiefs de l'Europe. C'est une illusion de notre jeunesse à laquelle il faut renoncer. La nature les a placées sur les rivages de l'Amérique. Avec l'Amérique est leur avenir. C'est comme entrepôts de commerce, comme grands marchés posés entre les deux hémisphères, qu'elles figureront désormais sur la scène du monde. Là, en regard de tant de jeunes pavillons, elles seront plus que jamais les postes avancés de l'agriculture, du commerce, de la politique de la vieille Europe.

C'est à elles, avec notre assistance, à varier leur industrie, à changer l'emploi de leurs capitaux, à s'ouvrir d'autres débouchés. Accordons-leur la liberté du commerce, sauf quelques faveurs réciproques, propres à perpétuer les liens de la commune origine. Protégeons-les de notre renom, de notre puissance , même de notre trésor ; mais laissons-leur prendre les formes politiques qui conviennent aux localités. Laissons-les se constituer et s'administrer elles-mêmes , et surtout gardons-nous de les tromper !"

Cynique, M. Aimé Césaire de commenter : "les généraux se suivent mais ne se ressemblent pas."

Le Procès des 19 Rebelles Guadeloupéens

À la Cour de sûreté de l'État, un important procès politique s'ouvre : celui de 19 Guadeloupéens inculpés d'atteinte à l'intégrité du territoire pour avoir revendiqué le droit de leur île à l'indépendance.

Tous avaient été arrêtés au lendemain des émeutes des 26 et 27 mai 1967 à Pointe-à-Pitre, mais ils n'étaient pas impliqués directement dans celles-ci. On leur reprochait surtout d'appartenir à des groupements « séparatistes », tels que le GONG (Groupe d'organisation nationale guadeloupéen).

Les débats sont l'occasion d'une confrontation sur les problèmes antillais. « Les Antillais ne savent pas s'ils sont des Français à part entière, mais ils savent qu'ils sont des Français entièrement à part », devait venir dire Aimé Césaire à la barre. Beaucoup d'autres témoins de marque sont entendus, parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Michel Leiris et le député UD Ve de la Guadeloupe, Paul Valentino, qui cause une certaine surprise en déclarant : « Ce qu'on reproche aux accusés ne peut être fondé et ne l'est pas. »

La Cour de sûreté rend un arrêt très favorable aux inculpés : 13 acquittements et 6 peines de prison, toutes assorties de sursis.

Un mois plus tard, un nouveau procès lié aux événements de mai 1967 s'ouvre, mais cette fois à Pointe-à-Pitre, et devant le Tribunal correctionnel. Il s'agit de juger 23 jeunes nationalistes, à qui on reproche d'avoir directement participé aux troubles.

Un coup de théâtre marque ces audiences : le commissaire de police Canales, qui avait eu à réprimer les émeutes et à procéder aux arrestations, et qui, de ce fait, se trouve être le principal témoin de l'accusation, refuse de comparaître à la barre ! Par solidarité, les policiers sous ses ordres se mettent en grève.

Ces incidents sont révélateurs du mécontentement que l'arrêt de la Cour de sûreté avait suscité auprès des autorités de l'île et du fossé qu'il avait fait naître entre l'administration et la justice.

Ils conduisent le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre à se montrer aussi indulgent que la Cour de sûreté. Parmi les inculpés, seuls les détenteurs d'un casier judiciaire sont condamnés à des peines de prison ferme.

Les autres bénéficient de peines légères assorties de sursis. Il y a aussi 8 relaxes.

Limyè ba yo...

Départ de la procession du rond-point DELGRES (DUGAZON), Boulevard des Héros, Rond-Point IGNACE (SONIS) , Rue du Commandant Mortenol (POINTE-A-PITRE), PLACE DE LA VICTOIRE (DARSE).

 
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