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Grève aux Antilles : Patrons et grévistes sceptiques devant l'Etat Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
23-02-2009

Le conflit social en Guadeloupe et Martinique (grève des Antilles Françaises) ne semble pas encore trouver d'issue satisfaisante, ni pour les grévistes ni pour les patrons, encore sceptiques malgré des propositions tardives de l'Etat de Nicolas Sarkozy, pour une sortie de crise et en dépit d'un retour apparent au calme. Les négociations doivent reprendre ce lundi avec Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP) de Guadeloupe, et le Collectif du 5 Février 2009 de Martinique, deux organisations portant les revendications du prolétariat antillais et tenant tête aux patrons, chefs d'entreprises rassemblés autour du MEDEF.

Grève Antilles : Patrons et grévistes sceptiques
Manifestants dans le conflit social aux Antilles (Martinique)

Ces patrons sont les propriétaires du capital dans ces deux îles sinistrées par le chômage (plus de 22%), minées par les injustices (exclusion, discrimination raciale à l'embauche, mépris -quand ce n'est pas indifférence- de l'Etat), îles des Caraïbes dont les habitants sont désespérés par l'absence de perspectives de développement économique et excédés par un racket permanent  sur des produits importés de la métropole par des "profiteurs" à qui le gouvernement ne cesse de faire des cadeaux fiscaux (défiscalisation, loi Paul, Pons, Girardin...), sans compter les conséquences déjà désastreuses de la grève qui se font ressentir dans les entreprises, après plusieurs semaines de paralysie.

Toutes ces exaspérations ont éclatées lors de mouvements sociaux en Guyane et en Guadeloupe exigeant la baisse du carburant distribué par une société-raffinerie contrôlée notamment par Total. Cette société abuse d'un monopole et profite d'une totale opacité des prix, comme le montre un rapport diligenté par le gouvernement suite à cette fronde dans ce système néo-libéral aux forts relents colonialistes. D'où un combat contre la vie chère en général, initié il y a plus d'un mois par un collectif d'organisations syndicales, politiques et culturelles antillaises et largement soutenu par toutes les composantes de la société (travailleurs, chômeurs, enseignants, fonctionnaires, salariés du privé, marins-pêcheurs, avocats, retraités, artistes, étudiants, agriculteurs...) sauf les patrons et les profiteurs du système qui sont rejoints peu à peu par les gens qui en ont marre de la grève et réclament le retour de leur confort égoïste ou ceux qui craignent de faire les frais d'un licenciement ou d'un dépôt de bilan. Les autres acceptent le risque de mettre à mal l'économie, tablant sur un avenir meilleur après la crise ou sur une nouvelle donne plus favorable...

Après que le gouvernement ait semblé verser puis ait retiré de la table des négociations sa quote-part d'aide aux entreprises pour débloquer la revendication sur les hausses de bas salaires (+200 € nets en Guadeloupe, +354 € en Martinique), la situation s'était fortement détériorée en raison d'un durcissement du conflit décidé par les grévistes en Guadeloupe. A tel point que l'Etat a ordonné la répression par des gendarmes mobiles et peu après, un syndicaliste de la CGT-G (Jacques Bino du LKP) a été tué. De nombreux magasins et une mairie ont été mis à sac également, conséquences de ce débordement de violences attribuées aux militaires français et aux jeunes guadeloupéens. 

Le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, dans une allocution télévisée jeudi sur RFO et après consultation des élus de l'outremer, a remis quelques propositions de l'Etat sur la table, promettant également des Etats Généraux de l'Outremer rapides, ce qui a permis un retour apparent au calme et une reprise des négociations. Celles-ci restent pour l'instant infructueuses concernant la hausse des rémunérations du travail des Antillais ayant de bas salaires, un des points des revendications. En effet, les limites posées par l'Etat (exonérations plafonnées  à une augmentation de 125 € par mois, soumise à l'impôt, à la CSG et à la CRDS, augmentation de salaire complétée par une allocation de RSA (ex-RMI) donc dépendant de la situation sociale et non du travail, et tout cela, pour une durée maximum de 2 ans), rendent sceptiques les syndicats quant à son application et sa capacité à résoudre durablement la crise sociale, qualifiant finalement "d'usine à gaz" cette aide octroyée par le gouvernement aux employeurs, de la bouche même d'Elie Domota du LKP, directeur adjoint de l'ANPE en Guadeloupe et porte-parole du collectif.

Les patrons de leur côté, sont restés vendredi sur des propositions timides (prime de 50 € dans l'hôtellerie par exemple de M. Nicolas Vion, le représentant des hôteliers, argumentant que la grève laissait son secteur "les poches vides" avec le départ des touristes).

Entretemps, ce conflit aux Antilles s'est médiatisé avec les images d'explosion de violence et de guerilla urbaine rappelant les émeutes en France de 2005, une première victime est à regretter (le syndicaliste Jacques Bino tué par balle), et le mouvement social s'est politisé avec l'entremise d'Olivier Besancenot (NPA), de José Bové (altermondialiste), de Ségolène Royal (PS) qui se sont déplacés aux Antilles pour rencontrer les collectifs antillais, enfin, avec la manifestation samedi de plus de 10.000 personnes à Paris soutenant les revendications des Antillais et plus généralement des populations de l'outremer, décidément véritables laissés pour compte de la République Française. 

Grève en Guadeloupe
dérapage au Gosier (Guadeloupe)

Au Salon de l'Agriculture à Paris samedi,  le président français a été obligé de commenter la situation, se disant satisfait que ça aille mieux (au niveau du calme revenu en Guadeloupe) mais il a convenu : "Il reste beaucoup beaucoup beaucoup de choses à faire et j'en suis parfaitement conscient."  

Espérons donc qu'il le soit réellement, ainsi que le MEDEF et les syndicats et qu'ils sauront ensemble trouver un accord avec l'aide des médiateurs du gouvernement, en évitant un second durcissement de la grève, dont tout le monde souhaite une issue prompte, satisfaisante pour la majorité, et pacifique, prémisses indispensables à ces Etats Généraux de l'Outremer que le Président de la République a appellé de ses voeux jeudi dernier.

En Martinique, où aucune contre-proposition n'a été émise par le patronat, le porte-parole Michel Monrose du collectif du 5 Février a appelé dimanche soir à un "renforcement de la mobilisation", et la CDMT, syndicat du collectif  envisage un "durcissement des barrages" autour de plusieurs grandes surfaces" et d'autres actions qu'elle garde pour l'instant secrètes, selon l'agence de presse AFP.

 
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