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Edwy Plenel retrouve son pays héroïque Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
11-10-2006

Edwy Plénel, écrivain et journaliste né en 1952 a passé son enfance en Martinique. Il a été accueilli avec émotion par les Martiniquais, fiers de leur frère d'armes, reconnaissants du parti qu'avait pris son père Alain Plénel à l'époque, lors des émeutes de Décembre 1959.

Sous les feux de l'actualité car directeur pressenti par un plan de sauvegarde du quotidien français Libération, Edwy Plénel a pris part à la conférence - débat sur l'oral, l'oralité et la littérature ramené à la langue créole autour de la question « Ecrit & Oralité : comment s¹affranchir des contraintes classiques de la langue française, pour la nourrir du génie et de la mélodie de la langue créole dans l¹écrit », animée par :

- Edwy Plénel, écrivain et journaliste (acteur d'un plan de relance du quotidien LIBÉRATION),
- l'écrivain Suzanne DRACIUS,
- l'historien Gilbert PAGO,
- le journaliste et écrivain Tony DELSHAM,
- le poète et comédien Patrick MATHELIÉ-GUINLET,
et le modérateur Jocelyn ABATUCCI,

La conférence-débat s'inscrivait dans le projet "Lire en Fête" de Promolecture (association ayant pour but de faire la promotion de la lecture en Martinique autour d'événements majeurs) avec la participation dans l'auditoire du Professeur Bernabé (créoliste).

Après le discours d'accueil du Président Marie-Jeanne, sorte de plaidoyer pour la lecture et la mémoire, une brève allocution de M. Mondésir (commission de la culture), Edwy Plenel a rappelé l'étymon politique du mot métis, avant qu'il ne prenne son acception biologique et ethnique d'aujourd'hui , tout en citant Montaigne : "Tout honnête homme est mêlé".

L'écrivain a puisé dans le Discours sur le colonialisme et Peaux Noires Masques Blancs des éléments appelant à l'universalisme et au "refus des identités closes", présentant la Martinique comme un pays poétique qui pourrait trouver dans l'oeuvre de ses auteurs les prémisses d'une politique nouvelle de respect de toutes les identités qui semblent aujourd'hui s'affronter dans un monde désorienté ("qui a perdu L'Orient"). L'allusion par le choix des auteurs (Césaire et Fanon) à la dernière polémique sur la toponymie de l'aéroport et du Lycée de Fort-de-France en disait long sur l'esprit fraternel du maître de conférence.


Edwy Plénel, visiblement ému, a évoqué ses souvenirs de l'écrivain martiniquais et ami Vincent Placoly, sur la tombe duquel il est allé se recueillir au Marin, ceux des enseignantes qui lui ont fait classe, ceux de sa famille martiniquaise dans laquelle il a vécu quelques années à son retour après l'expulsion de son père. En quelque sorte, souvenir du retour d'Edwy Plenel au pays de l'enfant sans père puisque Madinina serait un des sens de ce nom amérindien qui désigne notre île.


Alain Plénel, "c'était un homme qui voulait que le monde change" définit Alfred Marie-Jeanne, hôte de la conférence, à l'Hotel de Région. Ce vice-recteur d'académie haut fonctionnaire français en poste en Martinique de 1955 à 1960, pétri de l'idéal républicain, vit en 1959 s'effondrer ses utopies en assistant à cette énième répression coloniale contre le peuple martiniquais. Homme de convictions, il sut dire non à l'injustice et à l'intolérable et fit partie des personnalités expulsées par l'autorité française.

Son fils, Edwy Plenel, écrivain prolixe, a été surtout le militant issu du courage de son père,
défenseur de la liberté et de l'indépendance du journalisme, rebelle de la Ligue Communiste Révolutionnaire qui devint le directeur de l'information au journal le Monde en 1996, jusqu'à sa démission en 2004. 

Mise à jour : Alain Plénel est récompensé du prix Carbet le 12 Décembre 2009

Edwy Plénel
Edwy Plénel en Martinique

 
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