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Créole Art Kréyol Factory à la Villette Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
08-04-2009

Proposée jusqu'au 5 juillet l'expo d'art créole "Kréyol Factory" se tient au Parc des expositions de la Villette, Grande Halle, Paris. 

Art Créole Kréyol Factory

PARIS (AFP) — +Bibendum+ monumental couleur chocolat, mer de tongs ornées de fil barbelé ou mur poétique en créole: 60 artistes contemporains des Caraïbes, de la Réunion et de l'île Maurice, témoignent de la vivacité de la création créole à la Grande Halle de la Villette à Paris.

Sur 2.800 m2, 85 peintures, sculptures et installations, 250 photos et près de deux heures et demie de films documentaires, sont proposées jusqu'au 5 juillet par "Kréyol Factory", ainsi que des concerts, des tables rondes sur les femmes créoles et un hommage au poète martiniquais Aimé Césaire.

L'exposition vise à "faire comprendre l'identité des mondes créoles, qui ont en commun une expérience de l'esclavage, de la colonisation et des plantations", explique à la presse la commissaire Yolande Bacot.

"Kréyol Factory" a été "conçue bien avant les événements guadeloupéens", précise-t-elle, mais "elle vient à point nommé" pour recevoir une attention plus grande du public sur des "sujets difficiles et politiques".

Le Dominicain Polibio Diaz signe des photos sur des intérieurs d'habitations pauvres. Là, "le point de référence est toujours blanc: cartes postales d'Europe, anges blancs en céramique, etc. Les gens ne se trouvent pas assez blancs pour être pris en photo. J'aimerais qu'ils en prennent conscience grâce à mes photographies", explique-t-il.

Miguel Luciano, de Porto Rico, a photographié un adolescent, regard défiant et allure de rappeur, arborant fièrement une banane plantain en platine autour du cou. "Au départ, la banane plantain, symbole de Porto Rico, était une référence péjorative. Elle est devenue sujet de fierté", précise l'artiste.

Pour +Boat+, le Martiniquais vivant à Paris Jean-François Boclé a empilé des cartons d'emballage du monde entier, formant la coque d'un bateau. Les inscriptions créent "le dictionnaire d'un langage globalisé, un peu comme la langue créole", explique-t-il.

Dans +The Spirit of Caribbean+, le Martiniquais Alex Burke aligne sur une estrade 47 poupées constituées de morceaux de tissus bariolés. "Cela évoque bien l'identité créole, qui rassemble des éléments épars", commente Yolande Bacot.

(Grande Halle de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris. Tarifs : 7, 5 ou 3,5 euros. Catalogue, 192 pages, 25 euros, Gallimard)

 
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