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Bilan de l'année 2012 dans notre pays (Martinique) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-01-2013

Présenté par Alain LIMERY, militant du Comité Populaire de Fort-de-France (Martinique).

Bilan 2012 Martinique

S’il est une année qui puisse permettre d’illustrer toutes les problématiques concernant notre pays, c’est bien celle-là. 2012 avait commencé avec les difficultés du Groupe Lancry et l’année s’est terminée avec le conflit des marins pêcheurs.
- La situation de la pêche et des marins pêcheurs, en effet, est tout-à-fait symbolique de la situation générale de notre pays. Voilà un secteur qui était, moribond, paralysé par des directives européennes inadaptées, qui commençait à relever la tête grâce aux initiatives prises notamment par les patriotes, et puis, qui risquait d’être définitivement assassiné par des décisions préfectorales !
Les aquaculteurs connaissent le même drame. Cette situation nous rappelle que notre pays est pollué, que la santé de notre peuple a été mise en danger, que des pans de notre économie sont une fois de plus menacés, parce que c’est de l’autre bord qu’on nous impose des décisions, parce que l’intérêt des profiteurs prime sur celui de la population. Et, si nous ne luttons pas, cela ne risque pas de changer puisqu’on s’entête à refaire le même coup avec l’épandage aérien !
- Mais les difficultés du Groupe Lancry en Janvier 2012, que nous avons évoquées au début, sont aussi significatives de notre situation. Notre économie est à la merci des investisseurs qui reniflent les profits et ce sont les salariés qui paient les pots cassés.
D’une façon générale, le marasme qui régnait sur le plan économique s’est approfondi.
- En 2012, l’agriculture martiniquaise a vécu l’une de ses plus tragiques situations.
Les spectaculaires efforts réalisés par les agriculteurs, les cadres et les techniciens agricoles, et qui avaient permis le développement de la SOCOPMA et de ses filiales ont été anéantis par des administrateurs qui n’ont pas tenu compte des conseils et observations aussi bien de certains producteurs que des instances représentatives du personnel. On pourrait se demander si leurs erreurs colossales de gestion, qui visiblement ne servent pas la majorité des membres, ne cachent pas d’autres objectifs. La justice doit se prononcer vers mi-janvier. Attendons !
La production sucrière n’a pas échappé à la logique de spéculation, puisque la seule usine à sucre du pays est régulièrement en déficit de tonnage et par conséquent financier. Est-il nécessaire de rappeler la situation des petit producteurs de canne qui disparaissent faute de pouvoir apporter les traitements appropriés à leur exploitation. Le plan canne adopté par le Conseil Régional et l’Etat ne suffit pas à inverser le cours des choses.
Les apiculteurs ont toutes les difficultés à maintenir leur activité et ce depuis les dégâts consécutifs au cyclone Dean, mais aussi du fait de la contamination des ruches par un parasite qui affecte très fortement les rendements.
Beaucoup avait garanti que le tourisme présentait une salutaire alternative. Les dernières statistiques publiées par l’Organisation Caribéenne du Tourisme (Caribbean Tourism Organization) révèlent que la Martinique a connu, pour les six premiers mois de l’année 2012, une baisse de 1,4 % de la fréquentation touristique.

En réalité c’est toute l’économie qui est en crise :
Dans son bulletin sur les tendances conjoncturelles du 2ème trimestre 2012, l’IEDOM note :
- que l’indicateur du climat des affaires se dégrade et perd 9 points.
- que le pourcentage des entreprises en interdiction bancaire a augmenté de 2 points.
- Il faut rappeler que, par rapport à 2010, le nombre d’entreprises défaillantes a augmenté de 44 % et que l’activité du BTP a baissé de 20 %.
De fait en 2012, les acteurs du BTP, les professionnels du secteur hôtelier et les gérants de crèche, sont montés au créneau pour exposer la situation catastrophique dans laquelle ils se trouvaient.
Dans un tel contexte, les conditions de vie de la population se détériorent.
- Le taux de chômage a poursuivi son ascension. Les demandeurs d’emploi sont au nombre de 42.940, ce qui correspond à un taux de 25,4 %. Le plus inquiétant, c’est que, parallèlement, les offres d’emploi sont en nette diminution (moins 7,9 %).
- Le Gouvernement Français a fait voter une loi visant à lutter contre la vie chère dans ses possessions « d’outre-mer ». L’avenir dira ce qu’il en est ! Mais pour l’instant les prix continuent de grimper. Selon une récente étude de l’INSEE, des
postes essentiels de la consommation des ménages tels que l’alimentation, la santé et l’énergie ont connu une forte hausse sur un an. (Alimentation : + 4,3 % ; services de santé : 0,2 % ; énergie : + 4,4). En attendant, selon l’IEDOM, les dépôts de dossier auprès de la commission de surendettement ont augmenté de 8.1% au troisième trimestre 2012.
- Nous n’oublions pas que nos compatriotes vivant en France sont également victimes des politiques d’austérité. Selon un article paru dans le France-Antilles du 7 décembre 2012, à l’approche de l’hiver en France, nombreux sont nos compatriotes qui font appel à la Case Sociale Antillaise pour se nourrir. Les dirigeants et bénévoles de l’association ont été surpris par leur afflux massif.
- le dérèglement social s’est accéléré et les faits de violence se sont multipliés, les toxicomanies se sont répandues.
Dans un tel contexte, les tensions sociales se sont fortement accrues et, au cours des douze mois de l’année, nos compatriotes se sont mobilisés dans tous les secteurs :
- Les éleveurs d’ovins, porcins, caprins, et de volailles ont pu imposer une limitation de la hausse des prix après avoir investi les locaux de MNA (Martinique nutrition animale)
- Les transporteurs de personnes et de marchandises ont organisé une opération « mòlòkoy » pour protester contre des mesures inadaptées imposées par l’Europe.
- Dans le secteur de l’éducation, des élèves et des parents se sont mobilisés contre l’insécurité, à propos des difficultés de restauration ou de relation avec des administrations. Les enseignants déportés au mépris des promesses du gouvernement se sont battus pour le droit de travailler dans leur pays.
- Dans le secteur de la santé, le personnel du centre Emma VENTURA, les biologistes, les travailleurs des hôpitaux dénonçant, le manque d’effectif et de matériel, les conditions inacceptables de travail qui mettent en cause la qualité des soins devant être portés aux malades se sont, eux aussi, mobilisés. Plus généralement, des actions ont été menées par un large collectif qui s’oppose aux conséquences de la gestion capitaliste de la santé et aux conditions de la fusion des hôpitaux.
- Les stations-service sont restées paralysées pendant 15 jours.
- Les habitants du quartier « fond sinistrés » qui attendent d’être relogés depuis le passage de la tempête tropicale « Dorothy» le 20 août 1970 sont montés au front.
- Les employés de la Colas, de l’entreprise ERT, les ouvriers travaillant à la construction de la nouvelle centrale de Belle Fontaine, les salariés de l’Hôtel Club des Trois Ilets et du Diamond Rock, des artistes regroupés dans le « CLAK » (collectif d’artistes libre en caraïbe), les employés de diverses crèches, les agents municipaux de plusieurs communes, les employés des Centres Communaux d’Actions Sociales, les agents des communautés de commune, le personnel de la Société Martiniquaise de HLM, le personnel de la SME, de l’ADIL, le personnel de la CAF, le personnel de l’association d’aide à la personne, « Cad’Home », les douaniers , les agents de sécurité de l’aéroport, les surveillants de la prison de DUCOS mais aussi les détenus, les employés du tri postal de Fort-de-France, tous ces travailleurs se sont mobilisés en 2012, contre des licenciements abusifs, pour le paiement d’arriérés de salaire, pour de meilleures conditions de travail, ou pour le respect par leur hiérarchie.

ET CERTAINS OSENT PRETENDRE QUE LE PEUPLE MARTINIQUAIS N’EST
PAS DISPOSE A LUTTER

Non seulement notre peuple lutte, mais il multiplie les initiatives pour réagir :
Sur le plan économique : Nous avons parlé plus haut des difficultés de SOCOPMA, eh bien, il faut saluer la résistance des producteurs, des cadres et des salariés qui se sont organisés dans Martinique Agriculture pour préserver le patrimoine et défendre le secteur agricole. Plus globalement, on a pu assister à l’émergence de poches de résistance s’articulant principalement autour des initiatives d’autoproduction dans de nombreux domaines, (ex : la multiplication des marchés, etc.) Le foisonnement de l’économie populaire est une réponse salutaire sans laquelle notre peuple ne survivrait pas et il nous semble important de dénoncer les manoeuvres faites pour la criminaliser.
Sur le plan social : On ne saurait énumérer toutes les actions entreprises par les associations en matière de solidarité, mais Il faut saluer particulièrement la signature de la charte du Forum de Solidarité Martinique par des organisations citoyennes qui ont entrepris de collaborer pour lutter, entre autres contre les violences et pour une société pacifiée.
Les mobilisations pour la défense et le développement de notre culture, pour la réappropriation de notre histoire ont connu une ampleur sans précédent en 2012 ! On peut citer :
- les commémorations du 22 Mai1848, de l’insurrection de Septembre 1870, de l’African Libération Day,
- le Convoi pour la Réparation,
- la semaine de célébration de la langue et de la culture créoles à Trinité,
- le 6ème village de l’écologie et des alternatives de Sainte-Anne, les jeux KALINAS,
- la 13ème édition de la quinzaine de la jeunesse caribéenne organisée par l’OMDAC.
- La publication de nombreux ouvrages (romans, bandes dessinées, manuels pédagogiques) et autres productions sont venus confirmer la richesse de la vie intellectuelle dans notre pays.

ET CERTAINS CONTINUENT A REPETER QUE : « PESONN PA KA FE AYEN !!

Pour terminer le bilan, nous abordons le domaine politique. Là aussi, l’année 2012 est riche en enseignement.

- Le débat sur la date d’installation de la nouvelle Collectivité Territoriale de Martinique a été tranché par les autorités françaises. Ce sera 2015. Voilà qui vient nous rappeler qu’en matière d’évolution institutionnelle nous ne sommes absolument pas maîtres du jeu et que pour les patriotes et anticolonialistes, la question de la décolonisation reste entièrement posée.
- Cette année, la Martinique a été admise comme membre de la Commission Economique Pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPALC). Si l’on peut considérer que cela favorisera les relations avec nos voisins caribéens, il faut rappeler, là aussi, que le gouvernement Français reste maître du jeu.
- Les élections législatives ont confirmé le déclin de la droite assimilationniste et l’aspiration du peuple à un véritable changement. L’élection des députés patriotes Marie-Jeanne et NILOR ainsi que de Bruno Nestor Azérot exprime cette aspiration.
Cependant, le fort taux d’abstention des électeurs exprime aussi un manque de confiance envers la classe politique et les solutions proposées, et cela, il faut le prendre pleinement en compte.
- Le grand intérêt manifesté par des Martiniquais de tout bord pour l’initiative de « Kolétètkolézépol » qui a tenu ses deuxième et troisième colloques en 2012, confirme le grand désir d’union du peuple Martiniquais et sa volonté de voir le plus grand nombre travailler ensemble pour l’intérêt supérieur du pays.
J’en arrive à ma conclusion.
Le constat est unanime, toutes les couches et toutes les classes à la Martinique, traversent une crise qui revêt un caractère profondément structurel. Le sentiment qui est partagé tant par la population que par de nombreux acteurs de la vie, dans tous les domaines d’activité, c’est que l’horizon est très obscur. Mais les faits confirment la grande capacité de notre peuple à réagir. A nous donc de conduire les actions qui nous permettrons de transformer notre pays pour le mieux-être et le mieux vivre dans l’intérêt du plus grand nombre.
Je vous remercie de votre attention.

 
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