Afrique : Famine en Somalie, plus d'un million d'enfants menacés

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Afrique : Famine en Somalie, plus d'un million d'enfants menacés

Plus d'un million d'enfants sont menacés de malnutrition aiguë cette année en Somalie, pays au bord de la famine, et courent des risques très élevés de mourir, a averti mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

 Des Somaliennes pèsent leurs enfants souffrant de malnutrition dans un centre médical près de Mogadiscio

"La projection du nombre d'enfants qui souffrent ou souffriront de malnutrition aiguë a augmenté de 50% depuis le début de l'année, à 1,4 million", a déclaré une porte-parole de l'Unicef, Marixie Mercado, précisant qu'il s'agissait de projections pour 2017.

Plus de 275.000 d'entre eux "souffrent ou souffriront de malnutrition aiguë sévère en 2017", a-t-elle précisé lors d'un point de presse.

La malnutrition aiguë sévère est la forme la plus visible et la plus extrême de la dénutrition. Elle est illustrée par "un enfant fragile et squelettique qui a besoin d'un traitement urgent pour survivre", selon l'Unicef.

Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère courent des risques neuf fois plus élevés de mourir que les enfants bien nourris.

En 2011, la dernière famine en date en Somalie a tué au moins 260.000 personnes, dont la moitié d'enfants de moins de 5 ans, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

La Corne de l'Afrique est touchée par une grave sécheresse, qui a déplacé plus de 615.000 personnes en Somalie depuis novembre dernier, alors que le pays comptait déjà quelque 1,1 million de déplacés, selon l'ONU.

"La combinaison sécheresse, maladies et déplacements est mortelle pour les enfants, et nous avons besoin de faire beaucoup plus, et plus rapidement, pour sauver des vies", a affirmé le représentant de l'Unicef en Somalie, Steven Lauwerier, cité dans le communiqué.

L'Unicef déplore également que "les femmes et enfants qui se déplacent, bien souvent à pied, vers des lieux où ils espèrent trouver de l'assistance, sont souvent victimes de vol ou pire, tant durant le trajet que dans les camps". 

L'appel de fonds d'urgence de l'ONU de 720 millions de dollars (660 millions d'euros) pour la Somalie est financé à hauteur de 58%, a indiqué mardi un porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU, Jens Laerke.

Afrique : un tiers des pays ont des niveaux de développement humain moyens ou élevés

Abidjan - Pour "la santé, l'éducation et le niveau de vie", un tiers des pays africains ont atteint des niveaux de développement "moyens ou élevés", selon un rapport publié lundi par la Banque africaine de développement (BAD).

Même si "les progrès sur le front du développement humain restent lents et inégaux", "18 pays africains" sur les 54 que compte le continent atteignent désormais un "niveau de développement moyen ou élevé", selon les "Perspectives économiques en Afrique" publiées conjointement par la BAD, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

L'Afrique du Nord "affiche les niveaux les plus élevés, approchant de la moyenne mondiale, mais toutes les sous-régions ont enregistré des améliorations régulières" depuis le début du XXIe siècle, selon le document.

Cependant, "malgré les avancées obtenues depuis dix ans", 544 millions d'Africains (sur une population totale d'1,2 milliard) vivent toujours dans la pauvreté.

Le Rwanda, suivi par le Ghana et le Libéria ont enregistré le plus de progrès dans la lutte contre la pauvreté depuis 2005. Le Rwanda notamment a mis en place un programme d'assurance maladie communautaire qui permet de couvrir près de 9 habitants sur 10.

En Afrique du Nord, l'Égypte et la Tunisie sont dotés de systèmes d'assurance-maladie couvrant respectivement 78% et 100% de la population.

Les dépenses dans l'éducation, cruciales pour le développement, sont supérieures à 6% du produit intérieur brut (PIB) en Afrique du Sud, au Ghana, au Maroc, au Mozambique et en Tunisie notamment. Cependant le Nigeria y consacre moins de 1% de son PIB.

En tête des problèmes qui contribuent le plus à la pauvreté en Afrique figurent "le manque d'accès au combustible pour la cuisine, à l'électricité et à l'assainissement". Ainsi en Afrique subsaharienne, 645 millions de personnes sont privés d'accès à l'électricité.

L'alimentation constitue un défi majeur pour l'Afrique de l'Est, tandis que le manque de scolarisation est le plus gros problème de l'Afrique de l'Ouest.

Cinq pays se distinguent sur le plan du respect de la parité hommes-femmes : au Botswana, en Namibie, au Rwanda, au Lesotho et à Maurice, "les femmes atteignent des niveaux de développement humain presque équivalents à ceux des hommes".

La BAD pointe par ailleurs la gravité du phénomène du chômage des jeunes sur le continent: la moitié d'entre eux sont sans emploi et un tiers occupent des "emplois vulnérables".

"S'ils veulent actionner le levier de sources de croissance plus stables pour stimuler le développement humain, les pays devront consentir davantage d'investissements dans le capital humain, santé, éducation et compétences", déclare le président du Groupe Banque africaine de développement, Akinwumi Ayodeji Adesina, cité dans le rapport.

Sur le plan économique, la croissance moyenne du continent, après 2,2% en 2016, devrait rebondir à 3,4 % en 2017, puis s'accélérer à 4,3% en 2018, sous réserve "de la poursuite du redressement des cours des matières premières, du renforcement de l'économie mondiale et de la consolidation des réformes macroéconomiques intérieures".

L'Afrique de l'Est reste la zone la plus dynamique, grâce notamment au géant éthiopien, devant l'Afrique du Nord. L'Afrique est toujours "la deuxième région la plus dynamique du monde, derrière les pays en développement d'Asie".

La demande intérieure, soutenue par l'accroissement démographique et la montée en puissance des classes moyennes, s'établit comme moteur de la croissance alors que les cours des ressources naturelles sont soumis aux aléas des marchés mondiaux.

La classe moyenne, que le rapport évalue à 350 millions de personnes, et dont "le pouvoir d'achat s'améliore constamment, recèle un immense potentiel en termes de prospérité".