Au Burkina Faso le risque de guerre civile

Au Burkina Faso le risque de guerre civile

Les forces armées de la nation ouest-africaine Burkina Faso convergeaient vers la capitale Ouagadougou pour désarmer la garde présidentielle d'élite, qui a organisé un coup d'Etat contre le gouvernement la semaine dernière.

"Fric, Fric, Fric, C'est la Françafrique ! c'est Tintin au Congo, la magouille à gogo ! (Alpha Blondy)

Les putschistes sont fidèles à l'ancien dirigeant du pays Blaise Compaoré. Les observateurs craignent l'éclatement de la guerre civile. Une source militaire de haut rang a déclaré que des soldats sont entrés à Ouagadougou lundi soir sans résistance de la garde présidentielle.

Thomas Sankara

Justice pour Thomas Sankara , assassiné le 15 octobre 1987

Le Burkina Faso préparait pour le 11 Octobre des élections destinées à rétablir la démocratie après le renversement du leader de longue date Blaise Compaoré l'an dernier lorsque l'unité d"élite de 1200 membres a pris le président par intérim et plusieurs ministres en otage mercredi.

La déclaration, signée par plusieurs chefs militaires, a déclaré aux forces armées régulières qu'elles cherchaient la reddition de la garde présidentielle, "sans effusion de sang".

"Nous leur demandons de déposer immédiatement les armes et d'aller au Camp Sangoulé Lamizana," stipule la déclaration, se référant à une caserne à Ouagadougou.

"Eux et leurs familles seront protégés."

Le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Blaise Compaoré, a réagi dans un communiqué, mettant en garde contre ce qu'il appelle le risque de "chaos, de guerre civile et les violations massives des droits de l'homme".

Dans la déclaration, distribuée aux journalistes pour diffusion à la télévision d'Etat, il a dit qu'il allait libérer le Premier ministre Yacouba Isaac Zida comme un signe de bonne volonté aux médiateurs régionaux.

Le Président français François Hollande a mis en garde les partisans du coup d'État de déposer les armes et de remettre le pouvoir aux autorités civiles ou ils devront faire «face à toutes les conséquences".

Le Président par intérim, Michel Kafando cherchait refuge à l'intérieur de la résidence de l'ambassadeur français dans la capitale lundi soir, a dit l'ambassadeur.

"Je confirme, avec l'autorisation du président Kafando, qu' il est en effet dans la résidence française, a tweeté l'ambassadeur Gilles Thibault.


Selon un communiqué publié par la présidence de l'ancienne puissance coloniale la France, ", la coopération financière et militaire civile" avait été suspendue jusqu'à ce que le gouvernement intérimaire est rétabli.

Les témoins dans les villes de Dédougou, Fada N'Gourma, Kaya, Ouahigouya, Koudougou et la deuxième plus grande ville, Bobo-Dioulasso, ont vu des soldats lundi après-midi cap faire route en direction de Ouagadougou à bord de chars, camions et pick-ups, entourés par les acclamations de la foule.

«Je voyais la deuxième colonne laisser Bobo-Dioulasso", a déclaré un résident Moussa Traoré.

«Les gens sont sortis pour accompagner les soldats à la lisière de la ville. Je n'ai jamais vu quelque chose comme ça."

Des soldats de la garde présidentielle ont été largement absents des rues de Ouagadougou pour la première fois depuis le coup d'Etat de mercredi.

Le Président intérimaire rejette la proposition

«Il y a un conflit civil potentiel là maintenant", a déclaré Rinaldo Depagne, directeur de projet pour l'International Crisis Group.

«Si [Diendéré] reste, les gens vont se battre contre lui."

Les médiateurs du bloc Afrique de l'Ouest CEDEAO avait annoncé dimanche un projet d'accord visant à mettre fin à la crise qui devait être présenté aux chefs d'Etat régionaux lors d'un sommet au Nigeria mardi.

L'ambassadeur français Gilles Thibault a publié un tweet lundi : «Je demande solennellement à tous les Burkinabè faire preuve de retenue et de dialogue, le sang ne doit pas couler.."

Cependant, la proposition de la CEDEAO, qui comprenait une amnistie pour les putschistes, a été rapidement rejetée par la société civile et les politiciens de l'opposition, qui ont dit qu'ils n'avaient pas été informés du contenu du document avant qu'ils ait été annoncé.

Et dans sa première déclaration publique depuis qu'il a été évincé, M. Kafando a également rejeté la proposition.

«Je n'a pas été associé aux négociations de l'Hôtel Laico ... Il ne prend pas en compte les intérêts du peuple burkinabé," il a dit à radio française RFI.

Des manifestants qui protestaient contre l'accord de la CEDEAO ont érigé des barricades et brûlé des pneus dans plusieurs quartiers de Ouagadougou le lundi, et de grandes manifestations ont également eu lieu dans plusieurs autres villes.

Comme la plupart des habitants de la capitale avaient abandonné les rues et cherché refuge dans leur maison, de jeunes hommes opposés au coup d'Etat sont restés à des barrages routiers improvisés en attendant l'arrivée des soldats.

"Nous ne sommes pas d'accord avec ce que la CEDEAO a décidé", a déclaré un manifestant Ahmed Zio.

"Nous ne voulons pas une amnistie pour le général et ses putschistes. Ce sont des terroristes."

Ouagadougou (25/09/2015)- Le Régiment de Sécurité présidentielle (RSP), l'unité militaire qui a réalisé le coup d'Etat, finalement avorté, du 17 septembre, a été dissous vendredi par un décret pris lors du premier Conseil des ministres après le putsch.  Par ailleurs, le Conseil a fait état d'un bilan officiel de 11 morts et 271 blessés pendant les événements

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Thomas Sankara

L'ancien président charismatique du Burkina Faso Thomas Sankara a été "criblé de balles" lors de son assassinat en 1987 selon le rapport d'autopsie présenté mardi 13 Octobre 2015 à Ouagadougou. Les premières inculpations ont été annoncées 28 ans après sa mort.


Icône du panafricanisme, le capitaine Sankara a été tué, après 4 années au pouvoir, le 15 octobre 1987 lors d'un putsch qui a porté son compagnon d'armes Blaise Compaoré au pouvoir.


L'enquête sur sa mort a été ouverte fin mars 2015, cinq mois après le renversement de Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir. Les ossements de M. Sankara ont été exhumés fin mai et sont en cours d'authentification par une expertise ADN.


Cette enquête, dont les résultats étaient très attendus, vise à lever le voile sur le mystère entourant les circonstances de la mort de Thomas Sankara. Le sujet était entièrement tabou pendant l'ère Compaoré, qui a été soupçonné d'avoir commandité son assassinat. Officiellement, Sankara était décédé "de mort naturelle", à 37 ans.


Commando
En réalité, selon plusieurs témoignages publiés, un commando a abattu le "père de la révolution" le jeudi 15 octobre au Conseil de l'Entente, siège du gouvernement en plein centre de Ouagadougou, alors qu'il était en tenue de sport rouge (le jeudi étant une journée de sport de masse obligatoire pendant la révolution).


L'un des avocats de la famille Sankara, Me Bénéwendé Stanislas Sankara (sans lien de parenté) a indiqué mardi que les premières inculpations avaient été prononcées par la justice.


"Il y a huit ou neuf inculpés", dont certains "sont déjà déférés", a-t-il déclaré, précisant que parmi les inculpés figurent "des militaires de l'ex-RSP (Régiment de sécurité présidentielle)", l'unité qui a perpétré le coup d'Etat avorté du 17 septembre et qui a été dissoute.


Chef des putschistes soupçonné
Le chef des putschistes, le général Gilbert Diendéré, est largement soupçonné d'avoir été à la tête du commando qui a abattu Sankara en 1987. Il était alors l'homme de l'ombre et le bras droit de Blaise Compaoré. Il est actuellement écroué à Ouagadougou, inculpé "d'attentat à la sûreté de l'Etat" et de "haute trahison" pour le putsch avorté.


Le médecin colonel-major Fidèle Guébré, qui avait établi le certificat de décès de "mort naturelle" en 1987, en tant que directeur de la santé militaire à l'époque, a été inculpé pour "faux en écriture publique".


L'autopsie a révélé que Sankara a été "criblé de balles". "Au niveau des impacts, ce qu'on a pu relever en ce qui concerne le corps de Thomas Sankara, c'est vraiment ahurissant. On peut dire qu'il a été purement et simplement criblé de balles", a déclaré Me Ambroise Farama, un des avocats de la famille.


Tests ADN
Me Farama a souligné qu'il fallait attendre le résultat de tests ADN, en cours en France, pour formellement identifier l'ancien chef d'Etat. Il avait été enterré en catimini au cimetière de Dagnoën, en banlieue est de Ouagadougou avec d'autres victimes.


"A ce stade on ne peut pas être totalement affirmatif (...). Par contre, il y a des éléments qui ont été retrouvés dans les tombes qui portent à croire qu'effectivement ces tombes-là sont celles des personnes qui ont été assassinées le 15 octobre 1987", a-t-il précisé.


Mythe
Dirigeant progressiste, réputé pour son honnêteté, Thomas Sankara est devenu après sa mort un mythe au Burkina Faso (littéralement le "pays des hommes intègres" ainsi qu'il l'avait rebaptisé en 1984) et au-delà dans toute l'Afrique. Les jeunes burkinabè se réclamaient volontiers de lui lors de la "révolution" d'octobre 2014, qualifiant Blaise Compaoré de "Judas".

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Ouagadougou - La justice militaire du Burkina Faso a lancé un mandat d'arrêt international contre l'ex-président Blaise Compaoré pour son implication présumée dans la mort de l'ancien chef d'Etat Thomas Sankara, tué en 1987 lors du coup d'Etat qui porta au pouvoir M. Compaoré, a annoncé lundi à l'AFP une source judiciaire.

Il y a un mandat d'arrêt international contre Blaise Compaoré, chassé du pouvoir en 2014 et qui vit en exil en Côte d'Ivoire, a indiqué cette source sous couvert d'anonymat.

Une autre source proche du dossier judiciaire interrogée par l'AFP a confirmé l'existence de ce mandat d'arrêt, ajoutant que le président déchu était également inculpé d'assassinat, d'attentat et de recel de cadavre.

Le capitaine Thomas Sankara, arrivé au pouvoir lors d'un putsch en 1983, a été tué le 15 octobre 1987 avec 12 autres responsables lors d'un coup d'Etat qui porta au pouvoir Blaise Compaoré.

Les corps ont été exhumés fin mai afin de lever le voile sur le mystère entourant les circonstances de la mort du père de la révolution burkinabè.

Les résultats de l'autopsie livrés mi-octobre 2015 indiquent que la dépouille du président Sankara était criblée de balles.

L'enquête sur la mort de Sankara a été ouverte fin mars 2015, après la chute de M. Compaoré en octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir. Le sujet de sa mort était tabou pendant l'ère Compaoré, ancien frère d'arme de Sankara parfois soupçonné d'avoir commandité son assassinat.

Au moins une demi-douzaine de personnes majoritairement des anciens soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de M. Compaoré, ont été inculpées pour assassinat, attentat et recel de cadavres.

Le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré et auteur du putsch manqué de septembre 2015, figure parmi les inculpés.

Annexe. Liste des pays les plus pauvres du monde

Les pays les plus pauvres

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