Sargasses en Martinique les algues brunes échouées

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Sargasses Martinique

Les algues brunes venues de la mer des Sargasses s'échouent massivement sur les côtes atlantiques des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Ste Lucie, La Dominique... ) , entraînées par des courants marins inhabituels.

Suite à l'accumulation des algues sargasses en Martinique ( Le Robert, Le François, Le Diamant...) se pose la question de santé publique : comment prévenir leur décomposition et l'émanation de gaz de sulfure d'hydrogène (H2S). Devant la menace, les collectivités locales de Martinique ont débloqué des fonds d'urgence (690.000 EUR) pour venir en aide aux communes touchées et le président de la région a interpellé le premier ministre français demandant la mise en place de moyens plus importants et mieux adaptés, une intervention majeure de l'état. Les marins pêcheurs, qui avaient déjà bloqué le port de la Martinique lors d'une grêve, du fait du manque à gagner dû à la pollution du littoral liée au chlodécone, un pesticide répandu il y a quelques années, sont eux aussi gênés dans leur activité.

Antilles: valoriser les algues brunes pour éviter des risques pour la santé

PARIS - Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) avait recommandé dès 2011 la mise en place d'une filière de valorisation des algues brunes échouées en Guadeloupe et Martinique pour éviter que ces algues, sans danger entre 2012 et 2013, ne posent un problème sanitaire.

En Juin 2011, des amoncellements d'algues brunes, également appelées sargasses, pouvant atteindre plusieurs mètres de haut, avaient été observés en Guadeloupe. Un risque potentiel pour l'homme en raison du gaz toxique, l'hydrogène sulfuré, qu'elles émettent en se décomposant.

Sollicité en septembre 2011, le Haut conseil de la santé publique avait recommandé qu'un plan d'action intégrant aussi une aire de stockage et une filière de valorisation soit mis en place. Avis laissé sans suite.

Le HCSP définit trois niveaux d'information du public et d'urgence dans l'enlèvement des algues, en fonction de la concentration en hydrogène sulfuré.

Globalement, un problème sanitaire n'apparaîtra que si le délai d'intervention entre l'invasion et l'élimination (des algues brunes) est trop long, indique le Haut conseil dans son avis.

Au Texas, les communes touchées enlèvent rapidement et régulièrement les algues et le niveau d'hydrogène sulfuré n'a pas conduit les autorités locales à mettre un plan complexe de surveillance, ajoute le HCSP.

Ailleurs dans le monde, les algues brunes n'apparaissent pas non plus comme un réel problème sanitaire, selon le Haut conseil, qui souligne que ces algues sont valorisées vers l'agriculture ou vers la chimie verte. 

En janvier 2012, des scientifiques américains avaient annoncé avoir fabriqué une bactérie capable de métaboliser les sucres contenus dans ces algues brunes pour les transformer en éthanol, une avancée qui pourrait offrir à l'avenir une source importante de biocarburants.

Mais comme d'habitude, les autorités n'ont cure de la santé des Antillais, dont les sols et le littoral sont déjà copieusement empoisonnés par la rémanence du chlordécone - désormais interdit et par l'épandage aérien des pesticides, n'ayant pris aucune mesure pour tirer parti de cet avis et prévenir par un dispositif efficace le contrôle du retour des algues sargasses aux Antilles durant l'été 2014.